TRUE STORY : JEUNE INGÉNIEUR CHERCHE PREMIER JOB (2/2)

Pour la seconde partie de ce "TRUE STORY", Thomas Harmange, Ingénieur d’études en Radio Protection chez Ginger Deleo à Lyon, revient sur la place des jeunes diplômés dans la société et sur leur insertion dans le monde de l'entreprise.

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SUITE "TRUE STORY : JEUNE INGÉNIEUR CHERCHE PREMIER JOB (1/2)"

L'INSERTION DES JEUNES TRAVAILLEURS

DANS LE MONDE DU TRAVAIL 

  • Co-Efficience : Est-ce que toi, tu trouves que les diplômes ne suffisent plus pour décrocher un job ? Aujourd'hui, beaucoup de personnes ont le même bagage technique à la sortie de l’école. Alors, ne faut-il pas plus développer ses compétences comportementales qu’auparavant pour se démarquer ?

Thomas Harmange : Au premier abord, je dirai que le diplôme reste important pour se démarquer. Dans mon domaine, quand tu sors d’une école ou d’un master, ce n’est pas la même chose, et sans doute pas le même salaire à la fin, ce qui est logique. Après, tu peux très bien sortir d’une grande école et ne pas savoir t’intégrer dans le monde de l’entreprise. Alors certes, le diplôme est important mais la motivation l’est tout autant.
  • C-E : Est-ce que tu penses que l’insertion des jeunes dans une entreprise est, depuis tout temps, compliquée ? Au final, rare sont ceux qui, comme toi, ont trouvé leur premier job après un mois de recherche seulement non ?

TH : Depuis toujours, je ne peux pas y répondre. Pour ce qui est d’aujourd’hui, j’ai l’impression que lorsqu’un jeune entre dans le monde du travail, qu’il est motivé et qu’il rentre en adéquation avec le projet d’une entreprise, ce n’est pas un frein pour les patrons.
  • C-E : Est-il vrai qu’il faut se donner deux fois plus lorsqu’on est jeune et qu’on arrive dans une entreprise ?

TH :  Peut-être pas deux fois plus, mais oui, il faut démontrer sa motivation.  Tu as plus besoin de faire tes preuves, pour les autres mais pour toi aussi, car tu dois savoir ce que tu vaux. Tu sors de l’école où ce n’est pas vraiment concret donc il faut montrer ce que tu sais faire et ce, rapidement. Il ne faut pas oublier la période d’essai, la mienne était de 4 mois. Cela veut dire que j’avais 4 mois pour faire mes preuves et donner envie à mes supérieurs de me garder définitivement.
  • C-E : A l’heure actuelle, tu trouves que tu es pris au sérieux quand tu vas sur les chantiers malgré ton jeune âge ?

TH :  Sur les chantiers, oui. En tant qu’ingénieur d’études, tu arrives en appui technique. Souvent, le client en face de moi n’a pas forcément de connaissances approfondies sur le sujet et a vraiment besoin de notre expertise. Certes, le client voit arriver un jeune mais si tu maîtrises ton sujet et que tu as travaillé la mission en amont, il n’y a aucun problème, que ce soit sur chantier ou en bureau. Même si je demande encore de vérifier mon travail à des collègues plus expérimentés, j’ai l’impression d’être pris au sérieux et c’est agréable. Finalement, ça ne fait que neuf mois que j’officie là-bas donc ça me parait logique qu’il y ait cette vérification. Rien n’est totalement acquis au bout de neuf mois.
  • C-E : Selon toi, quels sont les facteurs qui empêchent les patrons de recruter des jeunes diplômés dans leur entreprise ? Des études démontrent que c’est l’expérience qui ressort en première position mais en vois-tu d’autres ?

TH :  Ce serait une question intéressante à poser à un chargé de recrutement. Après, je pense qu’il y a un système de mixité qui oblige les patrons à ne pas avoir une équipe uniquement composée de jeunes ou uniquement composée d’anciens. Il y aussi le côté argent qui joue dans la balance : le salaire d’un junior n’est pas le même que celui d’un expert dans le domaine. Je pense que les patrons vont aussi jouer sur le fait de proposer aux jeunes de rester dans la boite pendant de nombreuses années afin de les attirer et cela peut être un frein pour la nouvelle génération qui souhaite avoir plusieurs jobs dans une vie. Je dirai finalement qu’il faut de tout pour faire fonctionner une entreprise comme il se doit !
  • C-E : Merci pour le temps accordé Thomas ! 

TH : Merci à vous !