QVT : INTERVIEW DE NADINE MARCELIN

De nos jours, la qualité de vie au travail est devenu un sujet majeur dans les entreprises. Nadine Marcelin, Coach et Assistance Sociale du Travail chez Fnac, apporte sa vision sur cette problématique des temps modernes ...

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Interview de Nadine Marcelin, Coach et Assistance Sociale du Travail chez Fnac
  • Co-Efficience : Bonjour Nadine ! Avant d'en savoir plus sur votre façon de percevoir la qualité de vie au travail, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Nadine Marcelin : En poste au sein de la FNAC, j’accompagne des collaborateurs cadres ou non-cadres. C’est un accompagnement qui repose sur de l’écoute et de la recherche de solutions en introduisant du positivisme. Je suis à l’interface entre la vie au travail et la vie personnelle. C’est une vraie valeur ajoutée pour les organisations de travail : je permets aux salariés de mieux se connaître, de développer des relations positives et de se mobiliser dans les projets de l’entreprise.
  • C-E : Selon vous, le bien-être au travail est-il devenu un enjeu managérial majeur en 2019 ?

NM : Le bien-être au travail est une obligation pour nos organisations. En effet, les évolutions sociétales et technologiques accroissent le phénomène d’individualisation. De ce fait, les salariés sont obligés de s’adapter continuellement et d’être flexibles. Dans ce contexte du travail en perpétuelle évolution, les managers, eux aussi, doivent s’adapter et faire face à des collaborateurs en perte de motivation et de sens. Le Bien-être au travail est plus qu’un enjeu managérial, car le manager d’aujourd’hui doit être un bon communicant et ne doit pas être seulement, celui qui fait appliquer les règles de l'entreprise. Sa place est importante dans une société car il lui revient à s'assurer du bien-être de ses collaborateurs.
  • C-E : Comment est-il possible d’améliorer la qualité de vie au travail de manière générale ?

NM : Lorsque je rencontre les collaborateurs, leurs souhaits sont :
  • Être écouté dans les périodes difficiles,
  • Comprendre les objectifs demandés, qui semblent être inatteignables par manque d'explication,
  • Concilier leur vie pro et perso, en développant davantage le travail à distance,
  • Avoir plus de responsabilités,
  • Avoir plus d'autonomie,
  • Avoir un manager compétent et motivant,
Tous expriment une non-reconnaissance de leur travail et aimeraient se voir reconnus dans ce qu'ils font. Pour ma part, je pense qu'il serait intéressant de permettre aux équipes de se gérer en partie, (horaire, congés), de leur donner plus de flexibilité, de concerter les équipes sur les projets dont ils sont directement concernés, de permettre aux collaborateurs de s'inscrire dans des processus d'évolution professionnelle et personnelle lorsque la demande se fait ressentir ; ou encore, de lutter contre le stress, élément à prendre en compte au regard du niveau d'exigence demandé de nos jours. En quelques mots, l'individu qui se sent reconnu et confiant dans son travail, décuplera son investissement pour son entreprise. J'ajouterai qu'il serait utile de repenser la formation de base des managers, car le manager d'aujourd'hui doit avoir une posture reconnue, il ne doit pas être dans la toute-puissance. Cette posture lui permettra de manager efficacement. Il doit être un leader qui a été choisi par ses pairs et doit pouvoir perdre cette place quand il ne fait plus l'unanimité au sein de son équipe.
  • C-E : Qu’avez-vous mis en place de manière concrète pour améliorer la QVT au sein de votre entreprise ?

NM : La QVT est au centre de nos préoccupations. Cependant, les grandes lignes ne sont pas encore définies. Nous avons un service social et un service de santé qui contribuent à l'épanouissement des collaborateurs. Consciente que ce ne soit pas suffisant, une réflexion va être menée d'ici l'automne.
  • C-E : Le bonheur est-il réellement un facteur de production ?

NM : Dès lors que nous avons la capacité à agir et détenons toutes les ressources en soi pour faire face aux événements de la vie tant personnels que professionnels et en prenant de la distance au lieu de se plaindre, nous pouvons considérer que le bonheur peut être présent. Lorsque l'on atteint ce bonheur, on accepte qui on est et ce qu'on a et non ce qu’on n’a pas. Tout ceci permet de relativiser et évite le fatalisme. Par conséquent, une vie agréable, plaisante, engagée et pleine de sens pour soi augmente la productivité et développe la performance. Je me sens bien, je suis serein, je me sens écouté et reconnu dans ce que je fais, je suis amenée à être productif.
  • C-E : Merci pour le temps accordé Nadine !

NM : Merci à vous !