BROWN-OUT : INTERVIEW DE BÉRENGÈRE DEMENAIS (1/2)

Après le burn-out et le bore-out, c’est au tour du brown-out de faire son apparition dans les pathologies liées au travail. Bérengère Demenais, Consultante en Recrutement et Psychologue du Travail chez Co-Efficience, revient sur cette souffrance qui reste encore méconnue du grand public…

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  • Comment reconnaître un employé qui fait un brown-out ?

B : Un employé qui fait un brown-out ne s’identifie pas spontanément : il peut très bien le dissimuler. Quand une personne ressent une situation de détresse au travail, il y a deux options : soit elle le cache, soit elle en parle à ses collègues. Rare sont les situations où la personne en discute à son supérieur. Après, il existe certaines situations qui permettent de déceler qu’un employé va mal : il est complétement désinvesti, ne trouve plus de sens et d’intérêt dans son travail, fait le strict minimum et ce, de façon automatique. La plupart du temps, c’est les collègues qui voient le changement de comportement ; parfois, c’est le manager suivant la relation employé-patron qu’il y a dans l’entreprise. De surcroît, l’employé touché par le brown-out a toujours l’impression d’être en surcharge de travail. Tout ceci altère ses relations sociales : avec les collègues, il se renferme beaucoup sur lui-même, devient pessimiste, manque d’humour… Et cela se transpose aussi dans sa vie personnelle. Tous ces symptômes se rapprochent de la déprime. Pour autant, c’est quand ces derniers sont appliqués au monde du travail qu’on nomme cette pathologie le « brown-out ».
  • Comment redonner goût au travail à son salarié ?

B : Il n’y a pas de solution miracle. L’important est de ne pas s’arrêter aux préjugés. Il y a beaucoup de communication qui est faite sur l’importance de rajouter des baby-foot ou encore, faire des afterworks, afin de favoriser l’épanouissement de l’employé et le rebooster quotidiennement.  Fondamentalement, ça ne change pas l’investissement de l’employé dans son travail, ni l’énergie qu’il met, ni l’intérêt qu’il y retrouve. Pour redonner goût à un salarié, il faut déjà un management qui soit très individualisé, de proximité, afin qu’il ressente du soutien de ses collègues, de ses supérieurs, autant sur l’aspect relationnel que sur l’aspect « missions ». Le but de son patron sera de réfléchir à de nouvelles missions, de nouvelles responsabilités, lui trouver un projet plus transverse qui sort de son descriptif de poste mais qui est épanouissant pour lui. Parfois, la solution est de quitter l’entreprise. Il n’y a vraiment pas de règles, et chaque cas est différent. ... SUITE DE L'INTERVIEW SUR LE BLOG !