LE BIEN-ETRE AU TRAVAIL EN 2019 : UN ENJEU MANAGÉRIAL MAJEUR ?

La problématique du bonheur au travail a pris une place prépondérante dans les nouveaux enjeux managériaux d’entreprise. Alors quid de la "QVT" en 2019 ?

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Des années durant, le travail était considéré par les employés comme un moyen de subvenir à leurs besoins ; inexistante était l’attention portée au bien-être en entreprise. Ce n’est que depuis quelques temps que la problématique du bonheur au travail a pris une place prépondérante dans les nouveaux enjeux managériaux d’entreprise. Dorénavant, le salarié a d’autres attentes : il cherche la réalisation de soi et l’épanouissement. Pour bon nombre d’entre nous, notre job donne sens à notre vie et nous permet de nous sentir utile à la société. La question de la qualité de vie au travail prend alors tout son sens…  

LE CULTE DU BONHEUR

Aligner les intérêts individuels avec les intérêts collectifs : telle est la nouvelle ligne de pensée des managers en tout genre. Le but de cette manœuvre est de mettre en corrélation la performance sociale à la performance économique. Le constat de base est donc le suivant : c’est le bonheur qui influencera la performance et non le contraire. Pourtant, à trop vouloir forcer ce bien-être, c’est tout le contraire qui pourrait se passer sans même que l’on s’en rende compte. Des effets négatifs sociaux-économiques pourraient rapidement faire leur apparition dans la mesure où l’on considère que le bonheur crée la performance. Certes, le bien-être des employés passe, avant toute chose, par le fait d’être épanoui dans, et à son travail. Mais en aucun cas, un baby-foot et un flipper viendront stimuler les employés qui verront émaner de ces quelques « joujoux », une sorte d’accomplissement.

COMMENT AMÉLIORER LE BIEN-ETRE DES SALARIES ?

Les années passent et le bien-être devient un nouvel enjeu managérial : « Qui a envie d’aller travailler dans une entreprise où l’ambiance n’est pas au rendez-vous ? Plus personne. Le bien-être devient aussi important que les missions et le salaire. » (Jean Julien Boucher, Consultant chez Co-Efficience). Bien que les entreprises mettent d’ores et déjà en place des outils favorisant le bonheur en entreprise, il existe de multiples facteurs qui peuvent avoir un réel impact sur la qualité de vie au travail. Tout d’abord, c’est l’intérêt porté au job qui est le plus souvent cité par les employés. L’épanouissement et la réalisation de soi grâce à des missions stimulantes est devenu la priorité numéro 1 pour les salariés. Vient ensuite le sentiment d’appartenance à une entreprise. Des encouragements ou une augmentation de salaire sont des arguments qui font que le salarié se sent utile à l’entreprise dans laquelle il travaille et souhaite donc contribuer à son essor. Comme l’humain cherche sa place dans la société, l’employé a un besoin de reconnaissance en entreprise. S’en suit le cadre de travail où doit régner la quiétude et non le conflit. Pouvoir partager avec ses collègues sans animosité aucune participe au bien-être des collaborateurs. Enfin, le mieux-vivre au travail passe par l’environnement de ce dernier. Un éclairage adapté, un espace de travail confortable ou encore, des outils de qualité, permettent de lutter contre le stress et d’éviter quelconques complications de santé. Vous l’aurez compris, se sentir bien dans, et à son travail, devient une condition indispensable au bonheur du salarié. Mais jusqu’à quel point le bien-être impacte-t-il le monde du travail ?

LE BONHEUR COMME LEVIER DE RECRUTEMENT

Les réseaux sociaux, et plus particulièrement, l’intelligence collective (= partage et diffusion de l’information sur Internet, sur les réseaux sociaux…), font dorénavant partie intégrante des nouveaux modes de recrutement. De nos jours, chaque entreprise possède au minimum une page Facebook mais aussi une page Instagram et LinkedIn où elle communique sur la vie interne du groupe. Les « digital natives » ont bien compris qu’il y avait là une nouvelle manière de recruter et de communiquer. L’interaction entre économie, social et environnemental prend alors tout son sens. Les entreprises peuvent désormais faire une présélection sur les réseaux sociaux en s’appuyant sur divers points, passant des expériences du candidat sur LinkedIn au comportement de ce dernier sur Facebook. Quant aux collaborateurs, ils peuvent maintenant avoir un aperçu de l’ambiance au sein d’une entreprise grâce aux photos et vidéos que l’on peut retrouver sur les réseaux sociaux : teambuilding, séminaires à la montagne, coach sportif, cours de cuisine… Tout est fait pour que le futur collègue puisse se projeter dans une entreprise qui parait(déjà) fun à ses yeux.

LE MYTHE DU BIEN-ETRE AU TRAVAIL

Cela fait quelques temps maintenant que la tendance est au bien-être au travail : c’est même devenu un enjeu managérial majeur pour les entreprises. C’est donc tout légitimement que Co-Efficience en a fait une priorité. Les formations expliquant l’impact positif du bonheur au travail ne se comptent plus sur les doigts de la main tant elles sont nombreuses. Le bonheur est donc devenu un facteur de production comme si un salarié heureux serait forcément, un salarié rentable. La création d’un poste tel que le Chief Happiness Officer, personne ayant pour mission de rendre tous les collaborateurs heureux, soulève une réelle question : le management traditionnel est-il à ce point défectueux ? « Pour moi, créer un poste pareil est inutile. Tous les employés doivent avoir ce côté C.H.O. On doit tous l’être, tous les jours, tout le temps, et nul besoin d’avoir une personne qui aurait comme mission première de propager la bonne humeur. » (Adrien Laplace, Consultant chez Co-Efficience). L’histoire nous a souvent appris qu’on ne peut forcer les gens à faire une chose dont ils n’ont pas envie. Cela générera forcément des conflits et une mauvaise ambiance. Le bien-être des salariés doit être une préoccupation des chefs d’entreprise sans pour autant devenir une dictature du bonheur. Car au final, à trop vouloir le bien-être des employés, à trop vouloir les souder absolument entre eux, à en faire presque un mythe, n’est-on pas en train de faire tout le contraire ?